Le commerce revient aux choses simples.

villageChassez le naturel, il revient au galop. La population avait désertée les campagnes, maintenant elle y retourne. Le commerce la suit…

Toujours soucieux de comprendre les consommateurs pour leur apporter des réponses adaptées, nous pouvons aujourd’hui affirmer qu’une des tendances fortes est le retour des « petits commerces », de la véritable proximité et du véritable service.

Bonne nouvelle, les consommateurs vous en seront reconnaissants et compréhensifs. Ils pourront même payer un peu plus cher pour avoir des meilleurs produits et services.. Alors n’hésitez pas à développer des nouvelles offres.

D’ailleurs, les modes de consommation évoluent en profondeur. Les clients réfléchissent plus. Ils sont mieux éduqués et conscients, grâce aux nombreux reportages sur « l’arnaque commerciale » de certains distributeurs qu’ils ont pu subir.

D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que beaucoup des rayons Fruits et Légumes ont été repensés : c’est le retour de la cagette en bois ! Les consommateurs sont dans une recherche d’authenticité.

« Je préfère manger moins souvent de la viande mais manger de la meilleure viande ! ». Vous l’avez déjà tous entendu ou pensé.

Malheureusement dans la plupart des cas, ni la cagette, ni les fruits, ni les légumes ne sont authentiques ! Certains distributeurs (pour ne pas dire la plupart) racontent des fausses histoires. Ce n’est pas le bon exemple à suivre. Si vous mentez à vos clients, ça finira par se savoir.

Dernier exemple en date avec Michel et Augustin. Ce qui m’a personnellement déçu ! La marque pouvait utiliser des oeufs de batterie pour la confection de certains produits. L’entreprise jouissait d’une image de marque intéressante, d’un positionnement décalé et qui déclenchée l’envie de consommer leurs produits. Et, plus on fait confiance à une marque, plus on peut être déçu ! 

Donc, pour le moment, j’ai moins envie de « Petits carrés ». Tout du moins jusqu’en octobre 2016 (date à laquelle M&A s’est engagée à ce que la totalité de sa gamme soit exempte d’oeufs de batterie). La réaction de Michel et Augustin !

De manière globale, cela tend à confirmer une réflexion que nous avons menée récemment sur le commerce en 2030. En résumé, les consommateurs vont naturellement réguler les différents secteurs. Les bonnes enseignes et marques seront fréquentées, les moins bonnes seront ignorées parce qu’elles auront été identifiées.

Cette attitude aura l’avantage de tirer le commerce dans le bon sens. Pour être durables, les acteurs de la distribution devront rechercher l’excellence et être « réellement » transparent sous peine d’être boycottés ! Les performances seront proportionnelles aux compétences, à la qualité des produits et des services.

Avant d’arriver en 2030, de nombreux projets émergent :

1- un concept d’épicerie de village

villageLe constat est simple et limpide. Un village sur deux n’a plus de commerce de proximité. Mais les villages se repeuplent. Les besoins sont donc bien réels.

Ainsi, née la « concierge rit ». Espace de vente multi-services. Sur 70 mètres carrés, les habitants auront accès aux produits alimentaires de dépannage mais aussi aux produits issus de l’agriculture locale. Mais ça va plus loin, il existe aussi un site e-commerce qui permettra aux habitants de commander en ligne et de retirer en magasin ou bien dans des box accessibles 24h/24.

Et les services ne manquent pas : cordonnerie, Poste, pressing, retouches, clé minute, impression, livraisons, dépôt-vente de livre et de plantes.

Tout n’est pas sur place, mais la « concierge rit » gère pour vous. Un service premium dans une ambiance simple. Ce qui permet aussi d’accompagner les artisans dans alentours avec un nouveau Point de vente.

Enfin, pour le tissu social la population locale, il y aura un salon de thé. La « concierge rit » a aussi pensé aux plus anciens avec des formations aux outils numériques, etc.

Pour que ce type de commerce fonctionne, il faut plusieurs éléments indispensables : la diversité des revenus pour ne pas dépendre d’une activité / la disponibilité des produits incontournables pour ne pas décevoir les clients / avoir une qualité de services pour faciliter la vie des consommateurs / bien sélectionner le staff local pour développer le relationnel est aussi un facteur clé de succès / continuer à se diversifier.

2- la mairie-boulangerie

Avec de plus en plus de démarches sur Internet ou en sous-préfecture, les mairies peuvent aussi se renouveler. Dans un autre village, suite à la fermeture dune boulangerie, le pain sera vendu en mairie. Effets vertueux : le boulanger du village voisin atteint de nouveaux clients, le village étend ses services, les équipes de la mairie développe une relation de proximité avec ses élus.

Avis tranché 

villageLes solutions sont multiples pour développer le retail dans les campagnes. Les attentes et les besoins sont réels.

Ici, nous sommes dans le charme du retail. Que l’on doive créer un concept pour une multinationale ou pour une entreprise locale, le défi est le même : comprendre les clients actuels et les consommateurs potentiels de chaque projet pour développer une approche complète et performante.

Aujourd’hui, il y a encore trop de concepts généralistes ! Il manque bien souvent la personnalisation, l’adaptation, les astuces, etc.

Pour les commerces de proximité dans les campagnes, je dirai que leur réussite (hormis la qualité des produits la politique tarifaire) va dépendre du staff local, s’il arrive, ou non, à créer une relation de confiance avec ses clients. Ce type de commerce doit absolument devenir un lieu de vie.

L’expérience client est simple : l’achat doit comporter une notion d’utilité collective.

aurelien c.  – consultant retail pour square 90 / rédacteur sur projecteur retail

 

Pensez-vous, comme moi, que le commerce dans les campagnes, s'il est bien pensé, a un véritable avenir ?

Sources : Zoom d’ici, La Fabrique, TL7 et Ouest France.